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Relance facture impayée : le guide complet pour sécuriser votre trésorerie

Dans la rubrique Comptabilité / Gestion

  • ⏱️ Étapes de relance détaillées
  • 📨 Modèles de relance prêts à l’emploi
  • 🤖 Automatiser les relances via une GED

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Relance facture impayée

La relance facture impayée est l’une des tâches les plus stratégiques (et les plus chronophages) de la gestion administrative d’une entreprise. Mal gérée, elle pèse sur la trésorerie, dégrade la relation client et expose à des risques juridiques évitables. Bien structurée, elle devient un levier de cash flow et de pilotage financier.

Ce guide détaille les bonnes pratiques, les délais légaux, les modèles à copier-coller et les solutions pour automatiser le processus, en s’appuyant sur une dématérialisation des factures bien pensée.

Relance facture impayée : définition, enjeux et cadre légal

Une relance facture impayée est l’action de réclamer à un client le paiement d’une facture dont la date d’échéance de la facture est dépassée. C’est la première étape du processus de recouvrement, et elle conditionne toutes les suites possibles : amiable, mise en demeure ou judiciaire.

Bien comprendre les bases avant d’envoyer une lettre ou un mail évite deux écueils : braquer un bon client pour un simple oubli, ou laisser filer une créance qui devient juridiquement irrécupérable.

Qu’est-ce qu’une facture impayée et pourquoi la relancer ?

Une facture impayée est une facture dont la date d’échéance est passée et dont le règlement n’a pas été reçu. On parle aussi de facture échue.

En France, le délai de paiement légal est fixé à 30 jours après réception, sauf accord contractuel différent (60 jours date de facturation ou 45 jours fin de mois maximum entre professionnels).

Relancer une facture impayée n’est pas une option. C’est ce qui permet de :

  • Préserver votre trésorerie et éviter les tensions de cash flow
  • Maintenir une relation commerciale saine en clarifiant les attentes
  • Sécuriser votre position juridique en cas de litige ultérieur
  • Limiter le risque de prescription et donc de perte sèche

Un impayé non traité finit par peser deux fois : sur votre BFR, et sur votre relation client qui se dégrade dans le silence.

Délai de prescription, pénalités de retard et indemnité forfaitaire

Le délai de prescription d’une facture entre professionnels est de 5 ans, conformément au code civil et au code de commerce. Passé ce délai, vous ne pouvez plus engager d’action en justice pour réclamer le paiement. Entre un professionnel et un particulier, ce délai tombe à 2 ans.

Les frais de retard pénalités de retard, elles, sont automatiques. Vous n’avez pas besoin de les demander pour qu’elles soient dues, mais elles doivent être mentionnées dans vos CGV et sur la facture. Le taux ne peut pas être inférieur à 3 fois le taux d’intérêt légal.

S’ajoute une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de créances, fixée à 40 € par facture impayée. Elle est due de plein droit, sans formalité particulière.

À retenir : ces sommes sont automatiquement exigibles, mais peu d’entreprises les facturent réellement. Les rappeler dans vos relances envoie un signal clair au client et marque votre engagement dans le suivi.

La valeur juridique d’une lettre de relance

Une lettre de relance n’a pas de valeur juridique contraignante. Elle ne crée pas d’obligation de paiement immédiat et ne constitue pas un acte de procédure.

En revanche, elle joue un rôle clé en pratique :

  • Elle constitue une preuve écrite de votre démarche amiable
  • Elle prépare le terrain à une éventuelle mise en demeure
  • Elle interrompt parfois le délai de prescription si elle est envoyée en courrier recommandée avec accusé de réception (LRAR)

La lettre de mise en demeure, elle, a une portée juridique. Elle marque le point de départ des intérêts de retard de paiement et conditionne souvent la recevabilité d’une action en justice.

D’où l’importance de structurer ses lettres de relance dans le bon ordre : ne pas sauter directement à la mise en demeure, mais ne pas non plus s’enliser dans des relances amiables qui ne mènent nulle part.

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Les 4 étapes d’une procédure de relance amiable efficace

Une procédure de relance amiable bien construite suit 4 étapes de relance progressives, du rappel courtois au dernier avertissement avant mise en demeure. Chaque étape a son timing, son ton et son canal d’envoi.

L’erreur la plus fréquente est de tout faire en une seule relance d’une facture, trop molle ou trop agressive. La méthode qui fonctionne repose sur un principe simple : monter en intensité progressivement. Les modèles concrets pour chaque étape arrivent dans la partie suivante.

1️⃣ Étape 1 : la relance préventive avant échéance

La relance préventive s’envoie 5 à 7 jours avant la date d’échéance. Son objectif n’est pas de réclamer un paiement, mais de rappeler une échéance à venir. Elle s’inscrit dans une logique d’éviter retard de paiement plutôt que de réagir une fois le retard installé.

C’est l’étape la plus sous-estimée, et pourtant la plus rentable. Elle évite une grande partie des oublis administratifs, surtout chez les clients où les factures passent par plusieurs mains avant règlement, comptabilité comprise.

Format : un mail de relance court rappelant le numéro de la facture, le montant et la date d’échéance. Pas de pression, juste un rappel utile. La courtoisie dans le mail est essentielle à ce stade.

2️⃣ Étape 2 : la première relance amiable

La première relance s’envoie 3 à 8 jours après la date d’échéance. À ce stade, on part du principe que le retard est involontaire : oubli, validation interne en attente, facture égarée.

Le ton reste positif et orienté solution. Le mail de relance doit :

  • Rappeler la facture concernée (numéro, date, montant)
  • Proposer un canal de réponse rapide
  • Inviter le client à signaler tout problème éventuel

Format : Privilégiez le mail, traçable et perçu comme un échange professionnel courant. Une relance téléphonique en complément multiplie les chances d’obtenir un règlement rapide.

3️⃣ Étape 3 : la deuxième relance, plus ferme

La deuxième relance s’envoie 8 à 15 jours après la première restée sans effet. Le ton devient formel et le message directif.

Le contenu doit :

  • Mentionner explicitement qu’il s’agit d’une seconde relance
  • Rappeler les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 €
  • Fixer une date butoir précise pour le règlement et inviter le client à régler sa dette

Format : Le canal recommandé est le mail, doublé d’un courrier simple si le montant est important.

4️⃣ Étape 4 : la troisième relance avant mise en demeure

La troisième relance, ou dernière relance, s’envoie 8 à 15 jours après la deuxième. C’est l’ultime tentative amiable avant la mise en demeure.

Elle doit être sans ambiguïté et s’envoie obligatoirement en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Trois éléments doivent y figurer :

  • La mention « dernière relance avant mise en demeure »
  • Le rappel détaillé des sommes dues, pénalités et indemnité incluses
  • Le délai final accordé (souvent 8 jours) et les conséquences en cas de non-paiement

Si elle reste sans réponse, le passage à la mise en demeure devient légitime et nécessaire.

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Modèles de relance facture impayée et étapes du recouvrement judiciaire

Voici les modèles concrets à adapter selon votre situation, suivis des étapes à suivre si la voie amiable échoue. Chaque modèle reprend les mentions essentielles à inclure : numéro de facture, montant, date d’échéance, sommes dues.

À adapter à votre identité : ton, signature, coordonnées, et secteur d’activité. Un modèle générique fonctionne, un modèle personnalisé fonctionne mieux.

Modèle de mail pour une première relance ✉️

Objet : Rappel de paiement, facture n° [numéro] arrivée à échéance

Bonjour [Madame / Monsieur Nom],

Sauf erreur de notre part, votre facture n° [numéro] datée du [date d’émission] et d’un montant de [montant] € est arrivée à échéance le [date d’échéance] et n’a pas encore été réglée.

Il s’agit probablement d’un simple oubli. Pourriez-vous nous indiquer la date prévue de règlement ou nous transmettre le justificatif si le paiement a été effectué récemment ?

Si vous rencontrez la moindre difficulté ou si une information vous manque, n’hésitez pas à nous contacter directement au [téléphone] ou par retour de mail.

Je reste à votre disposition.

Cordialement,
[Signature]

À envoyer entre 3 et 8 jours après l’échéance. La pièce jointe (copie de la facture) augmente les chances de paiement rapide.

Modèle de lettre de relance avec accusé de réception

À utiliser pour la deuxième ou troisième relance, en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR).

[Vos coordonnées]
[Coordonnées du client]
[Lieu], le [date]

Objet : Deuxième relance, facture n° [numéro] impayée
Lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur,

Malgré notre précédente relance datée du [date], nous constatons que votre facture n° [numéro] du [date d’émission], d’un montant de [montant] €, demeure impayée à ce jour.

Nous vous rappelons que les conditions générales de vente prévoient l’application de pénalités de retard ainsi qu’une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € par facture impayée, conformément à l’article L441-10 du Code de commerce.

Nous vous demandons de bien vouloir procéder au règlement de cette somme sous un délai de [8 jours] à compter de la réception de la présente.

À défaut de paiement dans ce délai, nous nous verrons contraints d’engager une procédure de recouvrement.

Restant à votre disposition pour échanger sur cette situation.

Cordialement,
[Signature]

Et après ? Mise en demeure, injonction de payer, huissier et société de recouvrement

Si la voie amiable se solde par un échec, plusieurs recours s’ouvrent à vous selon le montant, l’urgence et la solidité de votre dossier. Le créancier dispose d’un éventail d’outils juridiques pour faire valoir ses droits.

La mise en demeure est l’étape charnière entre l’amiable et le contentieux. Envoyée en LRAR, elle marque le point de départ des intérêts de retard et conditionne souvent la recevabilité d’une action en justice. Elle doit contenir le terme exact « mise en demeure », le détail des sommes dues (principal, pénalités, indemnité forfaitaire), un délai précis de paiement (généralement 8 jours) et les conséquences en cas de non-règlement.

L’injonction de payer est la procédure la plus simple et la moins coûteuse. Elle se dépose devant le tribunal de commerce (entre professionnels) avec les justificatifs : factures, CGV, mises en demeure, échanges. Le juge rend une ordonnance non contradictoire, qui devient un titre exécutoire si le débiteur ne s’y oppose pas dans le mois suivant. Coût : entre 35 € et 70 € de frais de greffe. Le service public met à disposition un formulaire dédié, accessible gratuitement sur son site.

Le référé provision est adapté quand la créance n’est pas sérieusement contestable et que l’urgence le justifie. Plus rapide qu’une procédure au fond, il permet d’obtenir un titre exécutoire en quelques semaines, mais nécessite généralement l’accompagnement d’un avocat.

La société de recouvrement ou l’huissier de justice prennent en charge l’ensemble des démarches, de la relance à l’exécution du jugement. Les sociétés de recouvrement opèrent à l’amiable et se rémunèrent sur les sommes recouvrées (de 5 à 15 % en moyenne). L’huissier, lui, est seul habilité à exécuter une décision de justice : saisie, signification, recouvrement forcé.

Le bon réflexe : peser le coût de la procédure face au montant de la créance. Pour des impayés de faible montant, l’injonction de payer reste la voie la plus rentable. Pour des sommes plus importantes ou des dossiers complexes, l’accompagnement d’un professionnel devient pertinent.

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Automatiser ses relances de factures impayées avec une GED

Automatiser ses relances de factures impayées avec une GED (gestion électronique des documents) permet de structurer un processus rigoureux, sans dépendre de la vigilance d’une seule personne. Vous gagnez en réactivité, en traçabilité et en cohérence sur toute la chaîne de relance.

C’est aussi le meilleur moyen de simplifier un sujet pénible (courir après les paiements) en flux maîtrisé, où chaque relance part au bon moment, avec le bon ton, sur la bonne facture.

Les limites des relances manuelles

Gérer ses relances manuellement fonctionne tant que le volume reste faible. Au-delà, les failles apparaissent vite : factures oubliées, relances envoyées en double, mauvais interlocuteur, perte d’historique des échanges.

Les conséquences sont concrètes :

  • ❌ Des relances qui partent trop tard, voire pas du tout
  • ❌ Une trésorerie tendue par des paiements qui auraient pu rentrer plus vite
  • ❌ Une dépendance à la personne en charge (en cas d’absence, tout s’arrête)
  • ❌ Une absence de visibilité sur les factures en cours de traitement

Dans la majorité des PME, la relance reste un poste sous-traité au « temps disponible » du service comptable. Résultat : elle passe systématiquement après les urgences du jour.

Workflows et relances automatiques dans une GED

Une GED comme Zeendoc ou Docuware intègre des workflows automatisés capables de déclencher des relances selon des règles précises : date d’échéance dépassée, statut de la facture, montant, type de client.

Concrètement, le système peut :

  • Envoyer une relance préventive 5 jours avant l’échéance
  • Déclencher une première relance par mail dès le lendemain de l’échéance
  • Programmer la deuxième et troisième relance avec le bon ton et les bons délais
  • Alerter automatiquement le responsable comptable en cas de non-réponse

Chaque modèle de relance est paramétré une fois, puis appliqué automatiquement à toutes les factures concernées. Vous gardez la main sur le contenu, le ton et la fréquence, mais vous n’avez plus à initier l’action manuellement.

L’intégration de la GED avec votre logiciel de comptabilité ou ERP évite la double saisie et garantit que les statuts de paiement sont toujours à jour. Une facture réglée sort automatiquement du circuit de relance, et chaque échange reste consultable depuis le compte client. La facturation électronique, bientôt obligatoire pour toutes les entreprises, s’intègre naturellement dans cette logique et permet d’optimiser encore davantage le suivi.

Suivi en temps réel et indicateurs de performance

Au-delà de l’envoi, la GED apporte une visibilité complète sur le cycle de relance. Vous savez à tout moment quelles factures sont à relancer, lesquelles ont été ouvertes par le client, et lesquelles nécessitent une action manuelle.

Les indicateurs disponibles permettent de piloter finement :

  • Le DSO (délai moyen de paiement) par client
  • Le taux de factures réglées après chaque étape de relance
  • Le volume de créances en cours par tranche de retard
  • Les clients à risque qui concentrent les impayés récurrents

Ces données transforment la relance d’une tâche subie en levier stratégique. Vous identifiez les mauvais payeurs structurels, vous ajustez vos conditions de paiement, et vous arbitrez en connaissance de cause entre relance amiable et passage au contentieux.

Pour les PME qui traitent plusieurs centaines de factures par mois, l’automatisation via la GED divise par 3 à 4 le temps consacré aux relances, tout en améliorant le taux de recouvrement à l’amiable. Un double gain qui pèse directement sur la trésorerie.

Arnaud-delastre
Par Arnaud DelastreDirecteur Associé

Directeur Associé depuis plusieurs années au sein de Deltic, je pilote l'entreprise. De la commercialisation, à la configuration, à la personnalisation, à l’installation de votre outil GED, au suivi et à l'évolution de votre projet, nous mettons un point d'honneur à vous satisfaire et vous faire vivre la meilleure expérience client. Les logiciels de dématérialisation n'ont plus aucun secret pour moi.

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